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A propos du métier de ménétrier et des manele à Heresti



 
Informateurs : 1. Glăvan George Boncel, 19 ans ;
           2. Cristea Carol, 30 ans ;
Cercheur : Ciprian Voicila

G. G : J’ai appris le métier de ménétrier avec mon père et je joue depuis l’âge de neuf ans. Je joue du clavier, un orgue portable qui est accroché autour du cou. Mais mon premier instrument, c’est l’accordéon. J’ai joué des chansons traditionnelles une ronde, un brâu... Après ça j’ai progressé, oui. Je joue de plusieurs instruments. Je joue les manele, qui se jouent dans les mariages. Ce qu’on entend sur les cassettes, nous, on l’étudie aussi. J’aime bien les manele de Nicolae Guţă, Florin Salam [le salami], Adrian Copilu’ Minune [le merveilleux enfant]. Mais, celui qui me plaît le plus, c’est Florin Salam, il m’a touché droit au cœur. Nous, nous chantons partout, à Giurgiu, à Bucarest. Nous avons une chanteuse dans la formation. Elle chante aussi de la musique légère, de la musique populaire et des manele. Donc on chante de tout. Ce que les gens demandent, nous, on le joue. Tu amènes la chanteuse. Le saxophone, c’est demandé pour les mariages, et on leur amène. Ca dépend de ce que demandent les gens. Aux mariages, il y a des gens riches et des gens modestes, normaux. Mais nous, on parle de la même manière avec tout le monde. Maintenant, on ne joue plus avec des instruments traditionnels. Maintenant, il n’y en a plus. Maintenant, les gens, ils ne sont plus habitués à la cymbale et la basse. Maintenant, ils n’écoutent plus que l’orgue ou les tambours. Les gens se sont habitués, c’est un autre système. Avec la cymbale et la basse, ça s’entendait autrement, comme c’était à l’époque. Maintenant, les gens se sont modernisés et ils aiment les manele. Florin Salam est maintenant à la mode. Tout le monde écoute Florin Salam. Il a fait craquer tout le pays. A Hereşti, il n’y a qu’une seule troupe, Babache. Entre nous il n’y a pas de concurrence parce qu’on est bons amis. Il y en a quelques-uns qui nous envient, à cause du métier. Moi je n’ai fait aucune école. J’ai appris à la maison, dans la cour [de la maison] comme on dit.

C. C : Je joue depuis quatorze ans. J’ai appris avec mon oncle. Moi je dis qu’aujourd’hui les gens demandent encore du folklore, ils demandent, c’est normal qu’ils demandent encore, pendant les fêtes de mariage [après la cérémonie religieuse], aux repas. Tu ne commences pas avec les manele. C’est quand les gens ont un peu bu, quand ils sont pris par le şpriţ qu’ils demandent des manele du début à la fin. C’est la mariée, le marié, et les invités qui demandent ça. Dans la troupe, nous sommes sept, nous jouons de l’accordéon, de l’orge, de la guitare, du clavier, du saxophone et le chant. Et on a du succès. On n’est pas à la maison jusqu’en novembre. Jusque novembre, on joue non-stop. A partir d’avril, il y a des mariages jusqu’en novembre. Au mariage, on gagne cent euros par personne, sans le pourboire. Avec le pourboire, on peut gagner six millions de lei, on peut en gagner deux. Par exemple, on chante et on dit : „pour le parrain” et le parrain vient et jette l’argent „sans compter”. Si j’ai des garçons, c’est normal, ils apprendront le métier, pour continuer la tradition. Notre formation s’appelle Boncel-Hereşti. On aime les manele, parce que c’est plus des chansons d’amour que des chansons populaires, la musique populaire ce n’est pas de la musique qui parle d’amour, c’est autre chose.

 Boisson :  mélange de vin et d’eau gazeuse.

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