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A propos de de la fête de la „Trinité”




Informatrices : 1. Stoiciu Elena,
             2. Florica Dragnea,
Village : Hereşti
Date d’enregistrement : le 28 mai 2007
Enregistrement et transcription : Ciprian Voicilă.

1. La Trinité, c’est les vieux qui tiennent ça, depuis des années. Ca se passe pendant la fête de la Trinité (note). Ce n’est pas en l’honneur des morts, c’est pour la santé et la pluie (note). On fait un obituaire avec les vivants qui sont de la famille, avec qui on s’est réuni, et le prêtre prie pour la santé de tous ceux qui sont en vie. C’est une vieille tradition, depuis des années, peut-être une centaine d’années. D’habitude et avant aussi, à table on mettait seulement du bélier, avec du mouton et de l’agneau. Maintenant, ça se fait plus trop de manger du mouton et de l’agneau, les gens ne mangent plus comme ça. Chacun mange ce qu’il veut. Par exemple, nous, ici, on fait des mici avec de la salade verte, ou de la salade de chou. Chez les voisins, de l’autre côté, ils mangent du bélier. A l’église, les gens amènent de l’agneau. Il paraît même qu’il y a des gens qui ont abattu deux veaux et un porc [pour amener ensuite la viande à l’église]. Chacun y va avec ce qu’il a et on se réunit, c’est une coutume comme ça. C’est quelque chose de beau. Je sais pas comment dire. Les repas dans la rue, ça se fait ensemble aussi : chacun met de l’argent et on achète ce qu’on veut. Nous, on a décidé d’acheter des mici. Et on en a acheté, on est quatre famille, on a acheté quatre cassolettes de mici, par exemple. Et si on mange tout c’est bien, sinon, on ne les mange pas. On les mange devant la porte [de la cour], regarde, on met la table, le prêtre vient, il prononce la bénédiction au bout de la table, avec une petite coliva, il prononce et reste à table après ça. Celui qui veut venir, il vient. On met de la musique, on rit, on plaisante jusqu’au soir tard. Celui qui ne veut pas, il reste comme ça, plus calme, tranquille comme on dit. C’est une belle tradition. C’est une belle tradition et c’est ancien. Et on est désolé quand on ne peut pas la faire. S’il y a trois ou quatre voisins et qu’ils ne mangent pas d’agneau, alors on ne va pas chez eux. On a décidé d’avoir de l’agneau ici. La pâque fleurie [le jour des rameaux] c’est aussi belle fête chez nous. La nuit, on va au cimetière avec du poisson. C’est beau aussi pendant la pâque fleurie. Je ne sais plus pourquoi, mais comme ça aussi, on prépare à l’avance [la nourriture, les mets]. La fête de la trinité, je crois que ça se fait depuis toujours. Ca se passait comme ça aussi pour les grands parents et les arrières grands parents. 

2. Chaque famille partage avec les autres [familles]. Par exemple, les œufs bouillis et les tranches de pains, on se les partage. Ou les sucreries, ou ce que tu veux prendre, ou les cerises comme on a maintenant, ou ce que tu veux donner. Premièrement, on partage pendant l’aumône avec le prêtre et son chantre quand ils chantent l’aumône, et après on partage entre nous. C’est très beau la tradition, mais ça commence à ne plus être respecté. Les jeunes aujourd’hui, ils ne respectent plus trop la tradition. Mes enfants, ils ne font plus la trinité. On dirait qu’ils ont honte. Comment c’est possible, si t’es voisins ici, d’avoir honte ? Moi, je n’ai jamais vu ça. Ca commence à disparaître cette tradition. Probablement que, dans quelques temps - qui sait quand ? – quand ils auront vieilli eux aussi... ils la tiendront.

 Petite portion de viande de porc haché en forme de cylindre.
 La coliva est composée de blé bouilli, mélangé avec du sucre et des noix écrasées. Elle est partagée par les chrétiens orthodoxes lors de certaines célébrations notamment lors des requiem.

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